Mois des mémoires de l’esclavage et des abolitions.

#CESTNOTREHISTOIRE

L’esclavage a été aboli par le 27 avril 1848. L’application de cette abolition a été effective dans les territoires à différentes dates et est commémoréedepuis la loi du 30 juin 1983 : 

  • Le 27 avril à Mayotte, 
  • Le 22 mai en Martinique, 
  • Le 27 mai en Guadeloupe, 
  • Le 28 mai à Saint Martin, 
  • Le 10 juin en Guyane, 
  • Le 9 octobre à Saint Barthélémy 
  • Le 20 décembre à la Réunion. 

Alors pourquoi le 10 Mai ? 

C’est la date à laquelle le Parlement a voté, en 2001, la Loi dite Taubira, du nom de la ministre qui l’a portée. C’est à partir de cette loi que le comité pour la mémoire de l’esclavage (CPME) créé. Ce comité proposera la date du 10 mai comme jour de commémoration nationale. La première journée de commémoration des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions aura lieu en 2006 et sera présidée par le président d’alors, Jacques Chirac. Avant 2006, cette mémoire était célébrée uniquement dans les territoires français où avait sévit l’esclavage. 

L’esclavage et la traite, un crime contre l’humanité 

C’est postérieurement à l’année, 1998, qui marquait les 150 ans de l’abolition de l’esclavage, que Christiane Taubira, alors députée de la Guyane, a soumis à l’assemblée son projet de loi visant à déclarer l’esclavage et la traite qui a sévit dans les anciennes colonies françaises, comme étant un crime contre l’humanité.  

Les expositions à Marseille de l’association Ancrages et la participation de la mairie des 1er et 7e arr. de Marseille :

https://memoire-esclavage.org/marseille-decoloniale

Il s’agit du déplacement de personnes entre l’Afrique et l’Amérique. Dans le cas de la France, les colonies se situaient dans les caraïbes – Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barthelemy et Saint Domingue (aujourd’hui Haïti), continent américain – Guyane, Louisiane – et dans l’océan indien (Mayotte, La Réunion).  

 

Ces personnes étaient déportées de force dans des cales de bateau appelés négriers, étaient dès lors traitées comme de la marchandise. Elles étaient vendues pour travailler dans les champs (bananes, canne à sucre, coton, café…) ou comme domestique. Une caractéristique de cet esclavage était que les personnes esclaves n’étaient pas considérées comme des humains mais avaient le statut d’animaux ou de machines. A ce titre les esclaves subissaient énormément de mauvais traitements, des tortures, des abus. Le Code noir élaboré par le ministre Jean-Baptiste Colbert et promulgué en 1685 par Louis XIV, statue sur la condition des esclaves, les relations à leur maitre dans les colonies, de manière très précise. En effet, ce commerce et cette exploitation a été une source d’enrichissement économique importante pour la France. 

 

Les actuels Français d’Outre-mers sont les descendants des communautés formées par les colons esclavagistes, leurs esclaves et les vagues immigrations dans ces territoires. 

 

Extraits du Code Noir : 

Article 38 
L’esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l’aura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d’une fleur de lys sur une épaule ; s’il récidive un autre mois pareillement du jour de la dénonciation, il aura le jarret coupé, et il sera marqué d’une fleur de lys sur l’autre épaule ; et, la troisième fois, il sera puni de mort.[…] 

 

Article 44 : 

Déclarons les esclaves être meubles et comme tels entrer dans la communauté, n’avoir point de suite par hypothèque, se partager également entre les cohéritiers, sans préciput et droit d’aînesse, n’être sujets au douaire coutumier, au retrait féodal et lignager, aux droits féodaux et seigneuriaux, aux formalités des décrets, ni au retranchement des quatre quints, en cas de disposition à cause de mort et testamentaire. 

L’esclavage a été aboli une première fois par la Convention en 1794 dans la lignée de la révolution française et par suite des soulèvements des esclaves à Saint Domingue (définitivement libre en 1804 et deviendra Haïti) 

La traite et l’esclavage ont ensuite été rétabli par Napoléon en 1802 dans les mêmes conditions qu’avant 1789. Cette décision a été bien entendue très violente pour les êtres humains qui ont été replongés dans le traitement déshumanisant et inhumain qu’est la condition d’esclave. Ainsi, en Guadeloupe, plutôt que de redevenir esclave, des résistants abolitionnistes, menés par le colonel Louis Delgrès, préfèreront le suicide. 

 

La traite négrière, c’est-à-dire le transport et le commerce d’êtres humains comme esclaves, a été interdite par la France dès 1815 lors du congrès de Vienne, sous l’impulsion de l’Angleterre, puis par différentes lois en 1817, 1827 et 1831.  

 

L’esclavage, c’est-à-dire le maintien de la condition d’esclave des personnes déjà déportées, a été aboli par le décret du 27 avril 1848 sous l’action du ministre, Victor Schœlcher. En 1849, une loi est néanmoins votée pour indemniser les colons des effets de cette abolition. Cette loi sera abrogée en 2016.  

A Mayotte, l’abolition est votée 2 ans avant les autres colonies, en 1846 mais, l’esclavage est remplacé par une autre forme d’exploitation, l’ «engagisme ». 

Le projet « Marseille, de capitale coloniale à Ville-monde » est gratuit et ouvert à tous les publics, en priorité aux habitants des quartiers prioritaires de la ville. Il prend place en centre-ville, au sein de la Mairie des 1er et 7e arrondissements, sur la Canebière et en partenariat avec la Ville de Marseille.

La programmation :

Une balade patrimoniale : « Marseille, de capitale coloniale à Ville-Monde » : De la construction du port de la Joliette aux migrations post-coloniales du XXe siècle, en passant par les expositions coloniales de 1906 et 1922, Ancrages vous propose de parcourir les traces urbaines de l’histoire coloniale de Marseille.

Une diffusion d’exposition itinérante à la Mairie du 1er et du 7e, « Les indépendances – 35 ans de décolonisations françaises (1943-1977) »

En 1931, la France possède le second empire colonial au monde. De 1943 à 1977, ce sont près des 5/6e de cet Empire qui échappent à l’autorité de la France. Après de longs combats, guerres, négociations et compromis, ces territoires conquièrent leurs indépendances. Cette exposition permet de revenir sur cette période en images, afin de prendre toute la mesure d’un conflit qui a duré un quart de siècle et qui a façonné la France actuelle.

Du 31 mai au 2 juillet 2021

Tous les jours sauf samedi et dimanche
De 9h à 12h et de 13h30 à 16h30
À la Mairie du 1&7,

61 La Canebière, 13001 Marseille

Entrée libre sur inscription
4 créneaux : à 10h, 11h, 14h, 15h
Pour réserver un créneau, écrire à mediation@ancrages.org

Des ateliers de médiation en direction de divers publics.

Évènement Facebook : https://www.facebook.com/Ancrages.association/

Documentaire « Les Routes de l’Esclavage »  

    Réalisateurs : Daniel Cattier, Juan Gélas, Fanny Glissant 

    Producteurs : Compagnie des Phares et Balises, ARTE France, Kwassa Films, RTBF, LX Filmes, RTP, Inrap 

Podcast : https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/etre-noir-en-france-avant-labolition-de-lesclavage 

Sources : 

http://memorial.nantes.fr/chronologie-des-abolitions/ 

https://gallica.bnf.fr/essentiels/anthologie/code-noir 

Si une source particulièrement intéressante peut être citée, n’hésitez pas à nous contacter : mairie4-5cabinet@marseille.fr